le 15 avril 1912 ...

À L'ABORDAGE DU PASSÉ
(ENTRE CIEL ET MER)


Les glaçons s'entrechoquent et se brisent dans les whiskys
La glace pilée s'agite et fond dans les cocktails
Pendant cette soirée bien arrosée


Les serveurs se glissent entre les tables
De la salle où les convives font la fête
La musique est dense et les danses intenses


Mais au cœur de ce mois d'avril
Il ne faut pas se découvrir au fil de l'eau
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Le géant fend les flots
Le long de ce printemps meurtrier
La coque se lézarde et le ventre du bâtiment
Se remplit de frayeurs incertaines


Un déluge d'eau déloge les passagers
Qui s'en vont pour un passage vers l'éternité
La mer a pris les riches voyageurs de ce passé bien lourd
Le paquebot a pris la fuite dans les abysses du temps qui coule


La mort s'écoule
Les vies détrempées s'écroulent
Et vont toucher le fond sous-marin
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Un siècle plus tard
Dans la carcasse immergée
Il reste le souvenir de ces myriades d'instants fragiles
À perte de vie dans l'eau de là-bas 


Les écumes du souvenir bien sombres depuis qu'il a sombré
Se sont échouées le long de la plage des regrets
Et les vagues mourantes transportent les pleurs
Des passagers sacrifiés


musique   Jean-Pierre PORCHEDDU 
paroles   Bernard PICHARDIE
vidéo et lecture de Wania WELLER

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